PIGEON VOLE Pièce de Georges BERDOT

pigeon.jpgUn banc dans un square est le seul témoin de confrontations incroyables de plusieurs femmes : mère de famille, jeune fille délurée ou grand-mère inquiétante, elles libèrent au fil de leurs conversations, toutes leurs frustrations, leurs espoirs évanouis.
Elles disent des horreurs et pourtant finissent par attendrir, émouvoir.
Georges BERDOT a manifestement écouté les femmes qui l’entourent, a observé ces  » drôles d’animaux  » sanglés dans leur statut estampillé par les hommes : épouse modèle, maîtresse voluptueuse, mère irréprochable ou grand-mère gâteau.
Et si, derrière ces images lissées, se dissimulaient des êtres de chair et de nerfs, promptes à vaciller dans une douce folie si on leur donne une parole ouverte, exempte d’interdits ?
Nous savons que jouer cette pièce, c’est prendre le risque d’ébranler les spectateurs, c’est interpréter une galerie de femmes méchantes, hypocrites, qui jettent leurs gros mots comme autant d’appels au secours.

Ces noyées de l’amour se raccrochent à des bouées crevées par des becs de pigeons imaginaires.
Elles parlent, parlent et nous font beaucoup rire … avec un drôle de pincement au cœur.

Scène 1 : Et je m’inventerai un monde où je n’aurai d’autre compagnon. (Christine – Véronique)
Scène 2 : J’ai voulu enlacer mon ombre et je suis morte étouffée. (Catherine – Sandra)
Scène 3 : Quoi que je fasse, je ne serai jamais là, car un c’est personne. (Véronique – Pascale)
Scène 4 : Et j’ai rêvé si fort et si haut que rêve et quotidien se sont confondus. (Catherine – Agnès)
Scène 5 : Et les jambes, en toute innocence, plumeront la tête. (Martine – Fabienne)
Scène 6 : Qui a bu du vent… aboiera la tempête. (Sandra – Nadège)
Scène 7 : Arrivée au bout du chemin, elle se retourna et ce qu’elle vit la changea en statue de pierre (Martine -Agnès)
Scène 8 : Et fou de solitude, je me nourrirai de la folie des autres. (Pascale – Fabienne)
Scène 9 : Et la souris décida de sortir de son trou et de vivre en pleine lumière. (Véronique – Christine)
Scène 10 : Je vins au monde en pleurant et chaque jour qui passe me montre pourquoi ! (Martine – Pascale)
Scène 11 : L’oiseau a voulu se poser sur la main de l’homme mais l’homme a refermé la main (Simone- Patrick)

Articles de presse :
Paris-Normandie du 11-05-99
Courrier Cauchois du 15-05-99
« Pigeon vole » s’exporte